Camille de Toledo et Sarah Vanuxem
7 février 2026 à 16h
Rencontre sur inscription. Elle se déroulera à Saint-Martin-Chateau, pour participer et recevoir les informations pratiques, écrire à : ecoledelaterre@riseup.net
Des rivières à la forêt…
Territoire parmi les plus déboisés de France au XIXe siècle, le plateau de Millevaches est devenu, en quelques décennies dans l’après-guerre, l’une des plus vastes régions forestières du pays. Aujourd’hui, elle est confrontée à de nombreuses controverses liées à son exploitation.
C’est l’idée de « bonne gestion de la forêt » qui est au cœur de ce drame populaire et environnemental où s’opposent des visions expertes en économie, en écologie, en morale, les professionnels de la filière et les habitants du territoire, et tous ces régimes de justification sont adressés à la communauté dans l’espoir qu’un point de vue l’emporte sur tous les autres. Cette façon d’envisager le rapport à l’environnement que nous partageons ressemble un peu à une version contemporaine de la tragédie des communs : si facilement désirable comme idéal politique, le commun devient l’autre nom pour l’accaparement quand il s’agit d’en partager réellement l’usage, de manière horizontale et délibérative, dans notre vie quotidienne et ce qui touche à nos pratiques.
Et si la question de l’existence de la forêt pour elle-même n’était plus soumise à la façon dont chacun s’attribue le droit de parler en son nom, pas plus que la propriété de la terre ne donne le droit de l’exploiter hors de tout contrôle ? Qu’est-ce que cela ferait au monde du plateau de Millevaches – ce milieu de vie aussi inappropriable qu’indéfinissable dans son identité –, si la forêt disposait des moyens juridiques pour se défendre elle-même ?
Des droits pour la nature
En partant d’exemples concrets, cette invitation de Camille de Toledo et de Sarah Vanuxem nous permettra d’éprouver ce que le mouvement pour les droits de la nature induit comme changement profond dans l’ordre juridique fondateur de nos sociétés extractivistes.
De l’article pionnier de Christopher Stone en 1972 (« Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? ») à la « personnalisation légale » en 2022 de la lagune de Mar Menor, en Espagne, en passant par les cas de l’Équateur, de la Colombie, de la Nouvelle-Zélande… Camille de Toledo et Sarah Vanuxem présenteront les principales étapes de ce qui est considéré, peut-être à tort, comme une « révolution » de l’ontologie juridique : brouillage de la frontière entre sujets et objets, émergence de nouveaux acteurs (non-humains) comme entités légales ayant la capacité d’agir en droit, etc.
Cette histoire des droits de la nature s’ouvrira très vite sur une discussion avec les participant·es pour évoquer les difficultés d’envisager de cette manière les milieux de vie, les points de controverse et les ouvertures possibles.
Soirée création sonore
Ces échanges seront suivis de « La forêt de Georgia Creek », une création d’Antoine-Aurèle Cohen-Perrot et Max Parato, réalisée dans le cadre de leur recherche avec l’association La Pommerie.
La forêt de Georgia Creek, ou la forêt pensée comme un commun susceptible de renouveler les enjeux politiques, écologiques et artistiques. Cette création sonore et vidéo explore ces questions à travers une fable immersive mêlant musique, anthropologie, cinéma et sciences du vivant. Inscrite dans une démarche de recherche-création, elle articule enquête de terrain et restitution sensible afin de rendre perceptible, au plus près des territoires, la complexité des relations entre les forêts et les sociétés humaines.
Rencontre sur inscription. Pour participer et recevoir les informations pratiques, écrire à : ecoledelaterre@riseup.net
8 février 2026 à 10h
Atelier « loi à venir »
Avec le projet dit de l’internationale des rivières, Camille de Toledo a accompagné un collectif de citoyennes et de citoyens dans la rédaction des premières propositions citoyennes de loi reconnaissant les droits d’une rivière. Ces propositions ont été transmises à l’Assemblée nationale le 30 avril dernier et font l’objet d’ateliers dits « loi à venir » sur l’ensemble du bassin versant de « Loire ». L’atelier propose une « discussion parlementaire fictionnelle », où les participantes et participants procèdent à une lecture à voix haute des 32 cartes portant ces « lois à venir », et s’engagent dans des discussions, interrogations et controverses pour amender ou s’opposer ou critiquer le texte proposé.
Les places pour l’atelier sont limitées à 15 personnes. Pour participer et recevoir les informations pratiques, écrire à : ecoledelaterre@riseup.net
